La chapelle Marciana célèbre le 1600e anniversaire de Venise

La chapelle Marciana célèbre le 1600e anniversaire de Venise

Aujourd’hui, 25 mars, la ville de Venise célèbre le 1600e anniversaire de sa fondation, depuis la date à laquelle, selon la légende, la première pierre de l’église de San Giacomo di Rialto (San Giacometto) a été posée le 25 mars 421. En réalité, les historiens ne s’accordent pas sur une date exacte, car cette période a été marquée par l’évolution de flux migratoires continus, et les établissements des premiers habitants sur les îlots de la lagune ont été rejoints par les Vénitiens fuyant du continent les assauts des barbares. Mais qu’il en soit ainsi : par convention, la fondation de Venise est attestée par la source manuscrite du Chronicon Altinate, et à une époque plus récente, Marin Sanudo, décrivant le grand incendie de Rialto en 1514.

Un passé historique

Cette date coïncide également avec la fête chrétienne de l’Annonciation de Marie, la Vierge qui serait à l’origine de la conception de la Sérénissime et qui a toujours protégé son existence. La figure de Marie a toujours été particulièrement vénérée à Venise et fait l’objet d’un culte à l’intérieur de l’édifice sacré par excellence de la République : la basilique Saint-Marc. C’est le siège de l’une des plus anciennes institutions musicales du monde, au passé historique florissant et à la tradition marquée par de grands compositeurs : la Cappella Marciana est, depuis sa première formation – les Cantores Sancti Marci, documentées depuis le début du XIVe siècle – ce grand atelier musical qui, avec son énorme production de compositions pour les liturgies avec des solutions sonores nées en symbiose avec la construction de la Basilique elle-même, est unique au monde.

Une architecture à couper le souffle

Ce n’est pas un hasard si la Chapelle s’est vue confier l’ouverture des célébrations du 1600e anniversaire le dimanche 21 mars, avec une messe solennelle au cours de laquelle elle a interprété la musique créée pour les fonctions liturgiques de la Basilique, par Andrea et Giovanni Gabrieli, Adrian Willaert et l’actuel directeur lui-même, Marco Gemmani, qui est à la tête de la Chapelle depuis vingt ans. L’émotion suscitée par un espace architectural d’une beauté éblouissante et par l’acoustique évocatrice qui en fait un véritable écrin sonore a conféré à la cérémonie un charme extraordinaire, qui – c’est dommage – n’a pu être apprécié que par les quelques Vénitiens qui ont fait le déplacement, dans une ville d’une beauté encore plus poignante et littéralement désertée à cause de la pandémie.

A la fin de la messe, la Chapelle a eu l’occasion de se faire entendre dans toute sa bravoure, vraiment d’excellent niveau, lors d’un concert à huis clos – seuls cinq journalistes chanceux ont pu y participer -, enregistré par Radio 3 dans la chapelle privée adjacente du Patriarche, et diffusé le soir même dans 23 pays qui en ont acheté les droits.

Le programme était entièrement consacré à la musique mariale écrite au fil des siècles par les compositeurs de la Cappella Marciana, parmi lesquels Andrea et Giovanni Gabrieli, Gioseffo Zarlino, Giovanni Legrenzi et Claudio Monteverdi, sans oublier ceux qui se sont succédé au cours des siècles suivants : d’Antonio Lotti à Baldassarre Galuppi.

Un programme de choix

Un programme d’une grande beauté et complexité, qui a nécessité une forte entente entre les voix (12 choristes de la Chapelle) et le directeur, une intonation parfaite dans les amalgames vocaux les plus difficiles et la capacité de soutenir de larges excursions dynamiques. Peu d’ensembles choraux sont aujourd’hui capables d’affronter ce répertoire avec la conscience et la saine fierté qui caractérisent la Chapelle, passant avec aisance des motets d’Andrea Gabrieli aux compositions grandioses de Monteverdi (inégalable Magnificat à 4 voix de 1641), au baroque d’Antonio Lotti jusqu’aux pièces composées par l’actuel maître de chapelle, Marco Gemmani, en souvenir des victimes de la pandémie.

Une grande responsabilité – confie le maestro – d’occuper la place qu’occupaient autrefois les plus grands musiciens d’il y a cinq cents ans. Aujourd’hui encore, je suis excité chaque fois que je me retrouve à diriger le chœur sous les voûtes glorieuses de la basilique, un lieu qui transmet des émotions et beaucoup de force. Un grand honneur.

Nous interprétons un répertoire très large – explique Gemmani – du XVe siècle à nos jours. Le siècle le plus difficile à interpréter est le XIXe siècle car il nécessite la présence d’un orchestre que nous n’avons pas. Il est certain que la musique qui s’accorde le mieux avec l’espace architectural est celle des glorieux XVIe et XVIIe siècles.

Actuellement, la Chapelle, en plus de chanter à toutes les messes dominicales et aux fêtes liturgiques avec un répertoire toujours changeant, s’essaie parfois aux concerts publics et surtout aux enregistrements. « Nous réalisons des enregistrements depuis un certain temps déjà : nous avons enregistré Gabrieli, Willaert, Monteverdi et Legrenzi. Nous allons certainement faire un CD avec la musique de Merulo et Baldassarre Galuppi avec l’orchestre ».
Marco Gemmani

Une réalité musicale – l’une des plus anciennes institutions musicales d’Europe, qui a certainement plus d’histoire que la chapelle Sixtine – qui s’impose surtout ces dernières années grâce au dévouement de son directeur et à la compétence des chanteurs, qui méritent la plus grande estime.

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